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Histoire du thé


Le thé entre histoire et légendes :


Le thé est une plante appartenant à la famille du "Camélia Sinensis". C’est un arbuste ou un arbrisseau dit : "théier" portant des petites fleurs blanches à cinq pétales, cultivé pour ses feuilles alternes persistantes qui, une fois séchées, servent à préparer le thé. Le Théier est très petit, à feuilles ovales, très finement dentelée et extrêmement riche en "bourgeons" (boutons de chrysanthème). Ses fleurs se parent d’une note blanche ou rosée générant des capsules à coque de fruit très dures. Chaque capsule contient trois grandes graines ou boutures de la taille d’un pignon servant à la plantation du Thé. 

A l’état sauvage, un théier atteint 10 à 15 m de haut mais pour faciliter la cueillette, il est maintenu en arbuste de 1,20 m de haut. La durée de vie moyenne d’un théier est de 50 ans. Néanmoins, certaines variétés vivent jusqu’à 100 ans. On procède souvent, à la cueillette permanente des feuilles du théier afin d’accentuer la végétation et de grossir la récolte.


Pour la plupart, le thé est découvert en Chine et en Inde. On dit que sa plante pousse sur les sommets des montagnes situées aux confins de la Birmanie du Nord Viêt-Nam et du Yunnan, des régions chaudes et humides avec des pluies régulières toute l’année. D’origine chinoise, "Thé" vient du mot : "Chai" que l’on prononce : "Tcha" puis de : "Tea" mot courant en plusieurs langues dont l’Anglais. Chez les arabes, le Thé demeure inconnu jusqu’à ce qu’il soit introduit par des grands voyageurs, expéditeurs et quelques marchands nomades; néanmoins, son nom et son mode d’emploi ne figurent pas dans les dictionnaires et les manuels arabes.

L’histoire du thé ressemble à l’histoire du café. Elle fut mêlée à plusieurs légendes et anecdotes. L’une de ces légendes remonte à 3254 avant notre ère. Elle rapporte qu’un empereur chinois faisait cueillir des fleurs d’un théier qu’il allait bouillir dans de l’eau chaude afin de teindre des tissus quand tout-à-coup, des feuilles tombèrent des branches du théier et se mélangèrent au bouillon d’eau chaude qui changea subitement de couleur. Épris et ravi par la nouvelle couleur et la saveur rafraichissante, l’empereur tenta de le gouter et de le re-gouter. Il se sentit très en forme et prit depuis, l’habitude de le boire avec son cortège. Aussitôt, la boisson du thé devint une coutume chinoise. Les chinois vont le considérer comme étant un purificateur et un stérilisateur de leur eau. On raconte aussi que le thé de l’empereur de Chine fut récolté chaque matin par des jeunes filles très silencieuses, élégantes, vêtues de robe propre et protégées par des gants.

Une autre anecdote indienne explique que le thé est une invention d’un moine bouddhiste. En effet, ce dernier décida un jour de quitter son pays pour aller prêcher en Chine les préceptes de Bouddha. Il fit vœu de ne pas dormir pendant les sept années de son apostolat. Pourtant, au début de sa cinquième année, il fut pris de somnolence et alla succomber au sommeil lorsqu’il cueillit par hasard quelques feuilles d’un théier à ses côtés. Il les mastiqua machinalement pour oublier son sommeil. Aussitôt, il se ragaillardit et resta éveillé le reste de son apostolat.

Le thé demeure jusqu’au 4ème siècle une plante magique, un médicament et un remède contre toutes les troubles et les douleurs. Sa préparation consistait à ramollir ses feuilles à la vapeur et à les écraser pour faire un gâteau à base de riz, de gingembre, de zestes d’orange douce, d'épices, de lait et d'oignons.

Au 7ème siècle, la préparation du thé devient plus raffinée et codifiée. Pour la première fois, un philosophe rédige un code du thé en 10 articles décrivant la nature de la plante qui donne le thé, les ustensiles nécessaires à le préparer, la manière de le préparer et la façon dont il faut le boire. Elle consiste à faire bouillir l’eau avec une pincée de sel, à lui ajouter une grosse pincée de thé à la 2ème ébullition et une cuillerée d’eau froide à la troisième ce qui fixera le thé et rendra à l’eau sa jeunesse. Progressivement, le thé s'intégrera dans une partie de la tradition, la culture et la religion des chinois : on le boirait en compagnie des plus grands. La boisson du thé en chine va se propager. Des caravanes le transportait sous forme de briques de la Chine vers le Tibet et la Corée. A travers la Corée, sa consommation gagne le Japon.


Au Japon, une légende raconte que Shang Quiz Song introduisit le thé en Asie et en Europe à travers ses conquêtes. Arrivant au Japon au 9ème siècle, l’empereur limita la boisson du thé à la famille royale. Il la réserva pour les grandes fêtes.

Au 12ème siècle, une école inventa le thé en poudre qui remplaça l’ancien thé bouilli. Plus tard, le "Thé Infusion" remplacera le bouilli. Dans cette école, le thé fut pulvérisé dans une moulinette en pierre puis, ajouté et mélangé à l’eau chaude avec une verge de bambou sans sel. A cette époque, les gens ne burent plus le thé dans les anciens récipients chinois mais plutôt dans des poteries et céramiques dignes de cette boisson. Des compétitions furent organisées en son honneur afin d’améliorer son goût et évaluer ses qualités.

Au 13ème siècle, la Chine fut bouleversée par la révolution des Mongols et mise sous la protection de "Ming chu"; les habitudes en furent bouleversées.

Au Japon, les habitants inventèrent une 3ème école de thé et les littératures occidentales propagèrent des critiques floues du thé comme celles du récit : "Les Merveilles du Monde" du grand voyageur : "Marco Polo".

Au 15ème siècle, les cérémonies du thé devinrent officiellement un rituel. Le thé fut idéalisé voire même considéré comme une religion, un art de la vie exprimant une grandeur que comportèrent les plus petits actes quotidiens.
Toujours au Japon, entre 1562 et 1613, les habitants installèrent avec l’aide des architectes et des artistes une pièce dite "Chambre du thé" qui devint : "Salon de thé" puis : "Maison de thé" : lieu pour préparer et travailler un bon thé ainsi que pour se reposer et se détendre.

En 1590 l’italien "John Potiron" annonce que les Chinois ont à leur possession une plante contenant un jus très doux et très aromatique qui remplacera la bière.

En 1610 des navigateurs Hollandais négocièrent l’achat du thé de "Macao" mais les chinois refusèrent de renoncer à leur "boisson magique". Les Hollandais leur proposèrent en échange une autre "plante magique" : "la Vulgaire Bourrache". C'est ainsi que le thé fut introduit en Europe.


Le thé en Europe :


En 1647, les hollandais introduisirent une cargaison de thé à Paris. La reine "Anne de Detreech" le dégusta en présence du Cardinal "Mazarin". Elle l'a décrit comme étant "une boisson limpide et raffinée"; mais le thé a été comdamnée et rejetée à maintes reprises par l’église, les écrivains et les poètes sous prétexte qu’elle affaiblissait les esprits et corrompait les mœurs. Elle resta donc réservée et limitée à la classe des bourgeois et des seigneurs.

Malgrè tout, le thé passa très vite de remède à boisson populaire. On raconte que l’écrivain et marquise française "de Sévigné" dit  que "Madame de Sablé" aurait été la première à avoir mélangé le thé au lait.

En Angleterre, le thé fut traité de la même manière qu’en France.
Entre 1573 et 1637, quand l’écrivain et le poète anglais "Johnson" déclare sa passion pour le thé, il fut critiqué par la société anglaise.

Pourtant, vers 1658, le thé gagna des amateurs et devint la boisson préférée des anglais, notamment grâce à la nouvelle reine d’Angleterre Catherine de Portugal (épouse de Charles II). Un journal anglais a même parlé du thé comme d'"une boisson merveilleuse qui vient de l’Inde".


Culture et Cueillette du thé :


On prélève uniquement les précieux petits bourgeons enroulés sur eux-mêmes situés à l’extrémité de chaque tige d’une feuille de thé en calcul : un bourgeon et deux feuilles à condition que la feuille ne dépasse pas 1 cm. La qualité de la cueillette dépend du nombre de feuilles cueillies du bourgeon dit "pokoe" en Chinois.

La cueillette se fait souvent et soigneusement à la main. Elle exige les opérations suivantes :

1 - Le Flétrissage : consiste à ôter à la feuille sa rigidité en lui faisant perdre par évaporation 40 à 50 pour cent de son eau et l’étendre toute fraîche sur des claies superposées entre 18 et 30 heures pour se flétrir.
La saveur et la fermentation du thé dépend de son bon flétrissage.
2 - Le roulage : il s’agit de rouler les feuilles à l’aide d’un appareil spécial manuel ou à vapeur pour couper et détruire les membranes intérieures des cellules des feuilles et extraire le maximum de jus ce qui facilitera la fermentation et développera la qualité du thé.
3 - La Fermentation : étendre les feuilles à nouveau à un endroit frais sur des claies de 5 cm d’épaisseur pendant 3 heures.
La fermentation est une étape décisive elle transforme réellement la feuille en thé noir. La fermentation prolongée détruit l’arôme et la fermentation courte ne rend pas le goût du thé mûr.
4 - Le Séchage : il permet de rouler les feuilles à nouveau. Le séchage s’effectue en exposant les feuilles fermentées à un courant d’air chaud à une température s’élevant à 110 °.
5 - Le Raffinage et le triage : séparer les feuilles des petites brisures "les pousses" avec des tamis spéciaux. Plus le morcellement est maîtrisé, plus l’infusion est bonne.
6 - Le Remplissage : à nouveau le thé est exposé à un courant chaud. Une fois chaud, il sera rempli dans des récipients à couvercle vidés d’air.

La préparation du thé vert diffère de celle du thé noir par l’absence du flétrissage et de la fermentation.

La Chine produit les deux variantes le thé vert et le thé noir, le Japon le vert seulement et l’Inde le noir. Le thé vert possède des variantes : "le baroud" et le "Hissoun". Le "Thé Parfumé" est préparé à base de feuilles sèches et de fleurs tamisées comme le Jasmin.

Il existe aussi ce qu'on appelle le "thé en Pain" : pour le préparer, on pulvérise les grosses feuilles un moment puis on les presse en pain, en moule. Parfois, on leur ajoute une pâte de riz.

Le thé existe aussi en d'autres variantes : le "Thé Blanc" à petites feuilles enroulées et touffues. Il a une senteur délicate. Il est très rare. C’est un thé royal et impérial. Il y a ce qu’on appelle aussi : le "Thé Corque" rehaussé de points blancs et ayant des grands feuilles tressées.

Quelle que soit la variété, un bon et délicieux thé, en général, est celui qui est bien travaillé, affiné et jeune.


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